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place de l'auxiliaire de vie vis à vis du conjoint

MessagePosté: 27 Mar 2011, 15:07
de mathilde
bonjour,
mon accompagnant est très "ami ami" avec mon conjoint et ça me dérange car j'ai limité l'impression d’être en colloc...

je me demande quelle distance instaurer entre eux, sachant qu'ils n'ont aucun liens contractuels (je suis l employeur de mon accompagnant), qu'ils se côtoient forcement car tous les deux gravitent de très près autour de moi ^^ et ceci 24h/24...

certain(e)s de mes accompagnants trouvent le juste milieu et d'autres pas, je dois les guider mais même pour moi-même la question est complexe

vous avez des conseils ?

Re: place de l'auxiliaire de vie vis à vis du conjoint

MessagePosté: 08 Déc 2011, 15:44
de Céline
Je n'ai pas de conjoint mais la question se pose aussi pour l'entourage moins proche : amis, famille, etc...
Pour moi, c'est le point le plus délicat du travail d'auxiliaire de vie, et c'est aussi à ça que je décrtète "bon" ou "mauvais" auxiliaire ! :-)

Effectivement, avec certains l'équilibre se fait tout naturellement, avec d'autres ça nécessite plus de travail.
1) Nous même, être très au clair dans notre relation avec l'assistant, si on frôle le copinage, ça se répercutera forcément sur l'entourage.
2) Bien coacher l'assistant. Ca en général ça ne me pose pas trop de problème, j'explique avec précision pourquoi c'est important pour moi, l'assistant veut faire son travail au mieux, il fait donc des efforts en ce sens.
3) Coacher l'entourage, et là souvent c'est plus délicat. Pour les parents, qui n'arrivent pas toujours à se sentir "en famille" avec cette-tierce personne, et qui du coup, se sentent obligés de lui faire la conversation, même si l'assistant est en retrait. Ou pour les copains qui s'obstinent à leur proposer "je te mets une assiette, tu manges avec nous quand même, tu vas goûter ce qu'on a fait, blablabla" alors que moi je leur demande de ramener leur repas...
Certains proches apprécient la non-intrusion de l'assistant, et comprennent aussi l'importance que ça revêt pour moi, mais d'autres, qui me fréquentent de plus loin par exemple, trouvent "sympa" de faire connaissance avec ces nouvelles personnes...
J'avoue que ça m'arrive en entretien de me dire "Ahah, celle là untel ne l'aimera pas, il ne pourra pas copiner, je vais l'embaucher !" :mrgreen:
(Et en même temps c'est important que mes assistants ne "rebutent" pas mes proches, qu'ils les mettent mal à l'aise...)

Bref c'est bien bien délicat tout ça, si vous avez des trucs et astuces, je prends aussi.

Re: place de l'auxiliaire de vie vis à vis du conjoint

MessagePosté: 10 Déc 2011, 22:48
de mathilde
hello,
oui moi je n'arrive clairement pas à leur indiquer, ni à l'accompagnant, ni aux proches, la "bonne" distance
je copine un peu ... mais pour autant ça reste totalement en mode travail

mais par exemple chez des amis, j vois mal dire à mes accompagnants ou a mes amis, nan, elle/il prendra pas le thé avec nous...
quant à mes parents... enfin surtout ma mère, elle veut toujours papoter pour connaitre un peu qui m'accompagne

bref j'aurais besoin d'un coaching là dessus car ça me pese un peu et je sens que certains de mes amis ne m'invitent pas du fait que j'ai un accompagnant (ya un ami par exemple qui me demande : "Tu viens accompagnée... ?" Nan, nan j conduis depuis peu ^^ )

peux tu m'expliquer comment tu fais avec des amis, chez eux ?
merci

Re: place de l'auxiliaire de vie vis à vis du conjoint

MessagePosté: 21 Déc 2011, 23:05
de Zig
Chez des ami-e-s par exemple je demande quasiment toujours s'il y aura une pièce de repos/calme où mon assistant-e pourra s'isoler, ça permet souvent de cadrer qu'il/elle est là pour travailler si j'ai besoin mais qu'il/elle nécessite aussi des temps de repos professionnels, qu'il/elle n'est pas là pour épater la galerie.

Puis lorsque l'assistant-e est présent-e pour m'aider quand je suis avec mon entourage, c'est quelque chose dans mon fonctionnement de tellement *ouvertement* coaché/discuté (dès l'annonce) que ça déborde désormais rarement, la distance professionnelle est la thématique la plus discutée aux formations + charte, c'est net : pas de copinage.
Ça paraît très strict pour plein d'handi-e-s, j'en ai pleinement conscience, mais je suis °°°véritablement°°° persuadé d'avoir pu vivre plusieurs relations de couple + épisodiques et tout plein de rencontres amicales - lorsque j'étais sociable ;) - dans différents milieux à partir de ce principe de pouvoir exister en tant qu'individu via l'autonomie que permet l'assistant-e et non pas via sa personnalité qui interagit avec tout mon environnement personnel. Les relations peuvent être très complice avec les assistant-e-s mais nous ne papotons pas de nos vies privées, de l'actualité, de nos goûts, etc.
Et pour mes partenaires intimes, certain-e-s d'elleux-mêmes sont allé-e-s expliquer posément au début qu'ils/elles habitaient avec moi et non pas avec 7 autres personnes tournantes. Ce fut généralement nickel.

Souvent j'ai remarqué que c'est par l'entourage ou/et l'handi-e qui se sent/ent le moins à l'aise dans le rapport de distance qui crée/nt en fait nettement plus de quiproquos avec l'assistant-e que les personnes qui assument clairement les limites à respecter. La confusion classique : la culpabilité que garder ses distances signifie être méchant-e... Et je crois que souvent ça révèle un problème d'estime de soi-même avec les autres ("est-ce qu'on m'aime ?!") bien plus qu'une si grosse difficulté professionnelle.
Beaucoup d'assistant-e-s me font le retour que la clarté de ces limites leur permet également une fois à l'aise dans le boulot d'être cadré-e-s autant que respecté-e-s dans leurs propre atteinte privée. Ce qui n'est pas rien vu comment des handi-e-s 'sangsuent' souvent leurs assistant-e-s.


z

Re: place de l'auxiliaire de vie vis à vis du conjoint

MessagePosté: 21 Déc 2011, 23:24
de Zig
mathilde a écrit:
> j'ai limité l'impression d’être en colloc...

Et exprimer simplement et clairement ceci, qu'il ne s'agit pas d'une colocation ?

Tu parviens apparemment très bien à l'identifier mais pas à l'exprimer, ce qui me paraît
1) la peur de blesser l'assistant ? ce serait alors que votre contrat n'est pas clair, qu'il y a justement de l'affectif/relationnel émotif dans votre lien professionnel
2) la peur de blesser ton conjoint, et là euh… ça regarde uniquement votre couple :) (l'assistant ne serait qu'un révélateur).

Ma dernière partenaire avec qui j'ai cohabité quasi 3 ans a travaillé avec moi à inclure dans la charte cette donnée des partenaires intimes qui ne sont pas là pour faire potes de comptoir lors des temps de pauses de l'assistant-e, que leur intimité appartient tout autant au lieu de travail qui est majoritairement le domicile commun.
Ce qui est pratique avec cette donnée du domicile privé/intime c'est que ça fonctionne autant avec les ami-e-s de passage qui logent 2 nuits ou 3 mois.


z